_PDV | Didine
Les esprits s'échauffaient de plus en plus, ils en arrivaient presque à s'affronter physiquement. Je n'avais jamais vu autant de ranc½urs au sein d'une bande de personnes se disant amis. Ça faisait peine à voir, autant de relations basées sur des faux-semblants. Et malgré toutes ces prises de têtes puériles ou non, ils s'aimaient, c'était aussi inévitable que le soleil se lève à l'est tous les matins. Je ne pouvais pas laisser faire ça. Je ne pouvais pas laisser les vieilles rancunes briser cela, surtout si ma cousine devait en pâtir. Je décidai d'entrer en action, d'immiscer ma voix dans ce bordel :
Moi: Bon je...
Tom: Un vrai ami n'aurait pas menti !
Andreas: Un vrai ami n'aurait jamais couché avec la copine de...
Moi: OOOOOOOOOOHHHHHH !
Le silence fut instantané :
Moi: C'est bon, tout le monde a assez insulté celui à qui il en veut ?
Ce ne fut que pure rhétorique car je n'attendais nulle réponse :
Moi: Bien, alors maintenant, si on réglait les problèmes ?
Le silence se fit plus pesant :
Moi: A moins que vous ne vouliez que vos chemins à tous se séparent de cette manière, à votre guise.
Je vis quelques têtes se baisser :
Moi: C'est bien ce que je pensais, des rancunes superficielles. Commençons pas le tombeur de ces dames...
Tout le monde se tourna vers Tom qui me jeta un regard noir auquel je répondis de mon plus beau sourire :
Moi: Ce que tu as fait, c'est vraiment un coup bas.
Andreas: C'est le moins qu'on puisse dire...
Moi: Toi ferme-la, parce que franchement, tu ne vaut pas mieux. Et puis n'as-tu jamais flirté avec la copine d'un pote, ou même eu envie de plus ?
Il se tut immédiatement. Tom ricana dans sa barbe :
Moi: Tu trouves qu'il y a quelque chose de drôle peut-être le dreadeux ?
Tom: Il ne récolte que ce qu'il a semé.
Moi: C'est vrai que tu t'y connais en semence hein ? Certes, il t'a menti. Et toi, tu es un modèle de franchise peut-être ?
Tom: Non mais...
Moi: Non mais rien, comme si tu n'avais jamais menti pour obtenir l'affection ou le cul d'une nana qui te branchait ?
Tom: C'est pas pareil.
Moi: Et quand bien même, tu t'es envoyé sa nana avant même d'avoir su qu'il t'avait menti, alors tu crois vraiment avoir encore quelque chose à lui reprocher, tu crois vraiment qu'il te doit quelque chose ou le contraire ?
Il ne dit rien à son tour :
Moi: Je me disais aussi... Ce qui nous ramène à Mademoiselle je m'envoie deux mecs super Sex. Ce n'est pas une périphrase pour salope, je te rassure, c'est dit avec le plus grand respect. C'est vrai que quand on voit ces deux bombes, on ne sait pas comment choisir.
Elle me regardait dans les yeux, cherchant où je l'emmenais :
Moi: De ce que j'ai compris, tu as toujours craqué sur Tom, c'est ça ?
Je vis Andreas se tasser sur lui-même, cette idée lui était douloureuse :
Sosow': Oui.
Moi: Mais pourtant, tu es ? Étais ? Es ? enfin bref, avec Andréas ?
Sosow': Oui.
Moi: Est-ce que tu l'aimes ? Ou l'as aimé ?
Sosow': Oui.
Moi: Mais pas assez pour ne pas craquer devant Tom ?
Sosow': C'est pas ça.
Moi: Ça y ressemble pourtant.
Sosow': ...
Moi: Tu reproches à Andreas de t'avoir menti. Mais tu as fait la même chose, en pire. Et puis te reproches d'un autre côté à Tom d'avoir couché avec toi pour se venger d'Andreas, sauf qu'à la base, il ne savait même pas qu'il y avait matière à vengeance. La vérité, c'est que tu n'as pas plus de scrupules que ces deux-là. Tu crois vraiment pouvoir leur reprocher quelque chose alors que tu t'es montré au moins aussi insensible qu'eux ?
A son tour de ne plus rien dire et de se sentir honteuse :
Moi: Je crois que j'ai donné matière à réfléchir à notre trio amoureux, concentrons-nous maintenant, sur la boiteuse et l'andro.
Je vis Sosow' et Andreas se jeter un bref regard avant de se détourner vers ma cousine et Bill :
Moi: J...
Aly (me coupant en français): Didine, tout ça ne te regarde pas.
Je la regardai de travers :
Moi (f): Pas faux, mais entre te voir sombrer et jouer les intruses dans ta relation, devine ce que je choisis ?
Aly (f): Si tu t'occupais de toi et moi de moi ?
Moi (f): Non, j'ai pas fait 600 bornes à blanc.
Aly (f): Didine...
Moi (f): Non, déteste-moi si tu veux mais je te promet que la discussion aura lieu.
J'étais prête à parier que son tempérament allait la pousser à se lever et à quitter la pièce, mais elle n'en fit rien et se résigna, cela m'inquiétais, j'étais prête à livrer une bataille pour la retenir, et elle déposait les armes. Bon, improvisons :
Moi: Bien, alors mettons les choses au clair.
Je vis Bill se préparer à encaisser un torrent d'injures et de reproches de la part d'Aly, comme tout le monde dans cette pièce, moi comprise, mais elle ne dit rien :
Moi: Euh Aly ?
Aly: Mmh ?
Moi: Euh...
Elle me prit au dépourvu :
Moi: Tu n'as rien à dire à Bill ?
Je vis Bill se tourner, légèrement apeuré, saint d'esprit ce môme :
Aly: Qu'est-ce que tu veux que je lui dise ?
Moi: Euh...
Je regardais les autres, aussi déstabilisé que moi :
Moi: Euh, j'en sais rien moi, que tu lui en veux ? Que c'est dégueulasse d'avoir jouer avec tes sentiments ? Que ce n'est qu'un sale con ? T'as le choix.
Aly: Je pourrais.
Moi: Ben fais-le, ou fait autre chose, j'en sais rien moi.
Je ne comprennais pas le réaction de ma cousine, elle si nerveuse, si impulsive, si racunière quand on la blessait, si caractère de con :
Aly: L'insulter parce qu'il a fait un pari à la con ? Que ce qui n'en ont jamais fait dans cette pièce lève la main.
Personne ne réagit et tous les regards se tournèrent vers Aly, apparament surpris eux-aussi de sa réaction :
Aly: Je suis mal placée pour lui faire la morale, moi qui n'ai jamais pu refuser un pari.
Les regards s'écarquillaient, le mien se posa sur Bill, il avait l'air perdu, abassourdi, mais je pouvais voir qu'une lueur d'espoir animait son regard :
Moi: Euh, tu m'égares-là... Je croyais que...
Aly: Je sais ce que tu croyais, je le croyais aussi, mais en relativisant un minimum, il y a plus grave, non ? Si je commence à en vouloir aux gens pour si peu, je vais finir aigrie avant l'âge.
Elle s'autorisa un sourire en coin, qui ne désamorça pas pour autant la lourde ambiance qui régnait :
Moi: Euh... D'accord... Euh, Bill, tu as un truc à dire ou ?
Celui-ci secoua la tête en guise de dénagation, le regard toujours rivée sur Aly :
Moi: Bon, ben je crois qu'on a fini, je vous libère, chacun peu rentrer chez soi ou se jeter d'un pont.
Des regards s'échangeaient. Gustav se leva le premier :
Gus: Ce fut très instructif, je m'attendais à plus de sang, mais bon.
Georg rit et se leva à son tour, suivi de Sosow', d'Andreas et de Tom :
Georg: On te dépose Sow' ?
Sosow': Oui, c'est gen...
Andreas: Non, je m'en charge Georg, enfin, si tu es d'accord ?
Sosow': Euh...
Andreas: Ca nous donnera l'occasion de parler.
Sosow: D'accord.
Je vis Andreas jeter un regard à Tom et une sorte de message sembla passer entre eux :
Tom: Bon, moi je vais rentrer.
Gus: Tu veux pas venir à la maison, on se fait une partie de play ?
Tom: bonne idée, ca fait longtemps que je n'ai pas mis sa féssée à georg, je suis sure que ça lui manque.
Georg: Ne crie pas victoire trop vite jeune Padawan.
Tom et Gustav explosèrent de rire. Tous les cinq se dirigèrent vers la porte, je les y accompagnai, ravie de voir que les choses semblaient s'être un peu arrangées, sans doute faudrait-il un peu de temps pour que les tensions s'évaporent, mais c'était déjà plus vivable :
Moi: Prudents sur la route, vous avez vu ce que ça donne.
Ils sourirent et chacun partit de son côté. Quant à moi, je retournai dans la salle à manger où les deux autres n'avaient pas bougé :
Moi: Bon, je crois que je vais aller bricoler ta moto Aly, ça ne lui fera pas de mal vu que sa conductrice la maltraite.
Ma manière de leur laisser un peu d'intimité...
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PDV | Bill
Adeline quitta la pièce, nous laissant seuls Aly et moi. Je ne savais pas trop quoi dire, quoi faire. Sa réaction m'avait déstabilisée, je m'était préparé à être insulté, même frappé, mais pas à cette passivité :
Moi: Euh... Je...
Elle tourna sa tête vers moi, ses yeux n'étaient pas hostiles :
Moi: Je suis désolé.
C'était la seule phrase cohérente que j'étais capabe de prononcer. Elle sourit en coin, légèrement :
Aly: Je sais, tu m'as répété cette phrase tellement de fois.
De l'humour ! Elle faisait de l'humour :
Moi: Je sais mais j'ai vraiment été un sale con d'avoir...
Elle me coupa :
Aly: Oui, tu as été un sale con insensible, mais tu ne mérites pas le bûcher pour autant. tu ne vas pas te flageler jusqu'à la fin de ta vie.
Je restai couac. Se pouvait-il qu'elle m'ait pardonné ?
Moi: Je... ne comprends pas.
Aly: Je sais que tu t'en veux pour toute cette histoire, pour l'accident et tout ça, et je sais ce que c'est que de se sentir responsable d'un accident, et tu ne mérites pas de te sentir si coupable pour une histoire pareille.
Elle m'adressa un sourire vrai, sans rancune. Elle était si belle en cet instant que je ne pus m'empêcher d'approcher mes lèvres des siennes...
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PDV | Aly
Je le vis se rapprocher de moi et me reculai instantanément, cherchant mes béquilles pour me relever. Je le vis s'arrêter et me regarder, perdu :
Moi: Ne fais pas ça.
Bill: Mais...
Il se leva à son tour :
Bill: Je croyais que tu me pardonnais.
Moi: C'est le cas.
Je le pardonnais, mais cela ne voulait pas dire pour autant que nous étions redevennu un couple. Il m'avait blessé, de la pire manière qui soit, il avait perdu tout ma confiance, et je ne pouvais m'engager dans une relation dépourvue de confiance, une relation qui m'avait fait souffrir :
Bill: Mais...
Moi: Comprends-moi Bill, le fait que je ne t'en veuille pas ne veux pas dire pour autant que j'ai de nouveau confiance en toi.
La douleur qui passa dans ses yeux me retourna les entrailles :
Bill: Tu peux avoir confiance, cette histoire était un mal entendu, jamais je n'ai voulu te faire souffrir.
Moi: Mais c'est pourtant ce que tu as fait, même si ce n'est pas ce que tu voulais.
Bill: Mais ça ne peux pas se finir comme ça.
Moi: Ca vaut mieux.
Bill: Mais je t'aime, et je sais que tu m'aimes aussi, tu ne me tromperas pas sur ça !
Son ton montait, refletant sa frustration :
Moi: Oui, on s'aime, et regarde où ça nous a mené. Moi à l'hopital et toi en déprime.
Bill: Mais...
Moi: C'est comme ça Bill, il y a des gens qui ne doivent pas être ensemble, c'est juste la fatalité.
Bill: La fatalité ?!
La douleur de ses yeux laissa place à la fureur...
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PDV | Bill
La fatalité ?! Comment pouvait-elle dire ça ? Elle m'aimait, je le savais, je le voyais, et elle savait que je l'aimais aussi ! Comment pouvait-elle nous infliger ça ? Evidement que j'avais foiré, mais comment pouvait-elle mettre fin à cet amour de manière aussi calme ?
Aly: On n'était juste pas fait pour être ensemble, il faut se faire une raison.
Moi: Une raison ?!
Pas fait pour être ensemble ?! En avait-elle encore beaucoup des conneries pareilles en stock ?
Moi: Qu'est-ce que tu racontes ?!
Aly: Rappelle-toi comment c'était avant ? J'aimerais que ça redevienne simple, du temps où on s'amusait. Ce serait beaucoup mieux pour tout le monde si on restait...
Non ! Si elle disait "amis", je... :
Aly: ... Amis.
Ce fut comme un coup de poing, en plein dans l'estomac, à vous en couper le souffle. La fille que j'aimais ne voulais plus d'amour. Se relève-t-on de ça ? Je ne pouvais rien lui répondre. J'avais juste assez de force pour me diriger vers la sortie. Je ne me retournai pas mais entendis sa voix essayer de me retenir :
Aly: Bill, je t'en prie...
Je me retournai :
Moi: Non, Aly, moi je t'en prie...
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PDV | Aly
Il se retourna et se dirigea vers la porte, je ne pouvais pas le laisser partir ainsi, j'avais besoin de lui dans ma vie, pas de la manière qu'il voulait, mais j'en avais besoin :
Moi: Bill, je t'en prie...
Son regard croisa le mien. Il souffrait, je pouvais le voir, mais qu'y pouvais-je ? Cette situation était inextricable. Il me regarda, suppliant :
Bill: Non, Aly, moi je t'en prie...
Ses mots brulèrent d'une trop grande ferveur, je me sentis vasciller en regardant la porte se fermer derrière lui...
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